Actuellement, on enregistre plus d’un million de logements en chantiers qui ne sont pas achetés en Inde. Face à cette situation, les promoteurs sont ébahis par les décisions des établissements de crédit immobilier. Encore une illustration flagrante des conséquences saillantes de la démonétisation des billets de banque qui a débuté en 2016.

La crise de subprimes touche le sous-continent

Arrivée d’abord aux USA en 2007, la crise des « subprimes » a engendré une crise financière mondiale en 2008. Aujourd’hui, le même phénomène touche le sous-continent. Aux experts de l’immobilier résidentiel de stipuler que « la bulle qui a gonflé depuis trois ans menace aujourd’hui d’exploser ». En effet, les statistiques ont montré qu’entre les mois d’avril et septembre 2019, les ventes de logements ont baissé de 11 % sur un an et les mises en chantier ont chuté de 47 %. Des calculs qui ont été lancés par le cabinet PropTiger et qui seraient « en raison du manque de liquidités des promoteurs ».

Le cabinet Liases Foras, lui, affirme que dans les trente plus grandes villes de l’Inde, 1,28 millions de logements neufs n’avaient pas trouvé d’acquéreur au printemps, un chiffre qui est 7 % de plus qu’en 2018. La société de conseil en immobilier Anarock Property Consultants, elle, alerte que suite au manque d’investisseurs, 576 000 logements, dont la construction a démarré avant 2013, ne sont toujours pas achevés dans les sept principales métropoles qui incluent Delhi, Bombay, Calcutta, Madras, Bangalore, Hyderabad et Ahmedabad. Parmi ces logements invendus, la capitale économique, Bombay, et la capitale politique Delhi enregistrent à elles seules plus de 400 000 unités. Des pertes qui représentent, en valeur, plus de 46 milliards d’euros.

Quelles sont les mesures d’urgence face à cette situation ?

Face à cette situation, le gouvernement Modi a pris des mesures d’urgence dès le début du mois de novembre 2019. Et ce, malgré la baisse considérable du PIB du pays au troisième trimestre de 2019. La ministre des Finances, Nirmala Sitharaman, a annoncé la mise en place d’un fonds de « sauvetage » afin de remédier à la situation critique des constructeurs, mais également pour aider les ménages qui se sont engagés dans ces investissements qui ne semblent pas encore voir le jour. À savoir, le fonds en question sera accordé par l’État fédéral et enregistre une valeur de 1,3 milliards d’euros. La State bank of India, le premier groupe bancaire public du pays, et la Life Insurance Corporation (LIC), le fonds national de collecte de l’assurance-vie, elles apporteront une contribution de 1,9 milliards d’euros.

Le secteur immobilier du sous-continent devra alors considérer plus de 9 milliards d’euros d’échéances de remboursement dès le premier semestre de 2020.